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Esteve (Eteve) Jacques dit "La Violette"

Jacques Esteve ou Eteve Dit "La Violette"  est né à Moutier dans la Creuse en 1689. Maître Maçon, il choisit peut-être de "monter" à Paris pour y trouver du travail. C'est dans la capitale qu'il renconta et épousa vers 1726, la Parisienne Anne Marie Benoît, née en 1710. Marie, leur fille aînée, naîtra à Paris vers 1727. La cadette, Anne Elisabeth, verra le jour le 4 novembre 1729 au Port Louis, Isle de France. Il est donc certain qu'ils débarquèrent dans l'île, accompagnée de Marie, leur fille, entre 1727 et 1729, ce qui les fait figurer parmi les premiers arrivants dans l'île. Il eurent aussi Thomase née le 4 novembre 1730 au Port Louis.

Ils ne restèrent pas longtemps dans leur île d'accueil car " Brouillon et séditieux, et sa femme est pire que lui, il furent renvoyés à Bourbon en mai 1731. " Anne Marie Benoît, "La femme du dénommé Laviolette ", soutint d'ailleurs un procès criminel dans lequel fut produit "un paquet de dentelles en cornettes déposé au greffe servant de preuve contre l'accusée, et remis à la femme de Pierre Pautre."

Brouillon ou séditieux, Jacques Estève ou Etteve, comme il le signera toujours, était un Maître Maçon talentueux. Madame Hélène Thazard, présidente du Cercle Généalogique de Bourbon, descendante, elle aussi, de ce couple sortant de l'ordinaire, nous a confié un article parlant du personnage de Jacques Estève. En voici l'essentiel:

" Accord passé entre le 10 octobre 1733, entre M. Teste, supérieur de la mission des Prêtres Lazaristes et La Violette qui s'engage à construire l'église sur le terrain qui lui sera assigné au quartier de la rivière des Marsouins suivant les dimensions suivantes: 75 pieds de dehors en dehors, 32 de large, 15 pieds de haut du rez-de-chaussée, 2 pieds d'épaisseur de murs avec deux chapelles de 14 pieds d'ouverture... La maison (Le presbitère) sera de 34 pieds de long de dehors en dehors, 22 de larges etc..

Le même jour, M. Teste s'engageait envers le Conseil Supérieur de Bourbon. à faire élever les deux bâtiments " à condition qu'on livrera en propriété, au commencement de l'ouvrage: onze Noirs pièces d'Inde et une négresse, item 200 piastres, item trois milliers de riz blanc; de plus 36 pantures, autant de gonds, 16 loqueteaux à queue, et deux maçons indiens au frais de la compagnie pendant un an, et au bout duquel je compte que tout sera fini ".

Le frère Lecoq dira en 1740 qu'elle était " fort jolie, bâtie en pierre, d'une grandeur raisonnable, la maçonnerie faite à chaux et à sable". 9 ans plus tard, un des confrères du frère Lecoq faisait un autre commentaire: " c'est la plus jolie architechture du monde, et si on ne tient les portes de côté bien fermées, le vent ordinaire dans le pays qu'on nomme en terme de marine la brise, peut fort bien décoiffer d'une seule bouffée, et les prètres célébrants, et les autels qui y sont adossés ". Pauvres Lazaristes...

Jacques Estève était libre pour d'autres tâches, et il faut bien croire qu'il avait quand même prouvé ses compétences, car, le 2 septembre 1735, il signe contrat avec Monsieur Mahé de Labourdonnay lui-même gouverneur de l'île, pour bâtir un moulin à vent dont il assurera la maçonnerie pour 400 livres " à condition que la chaux me sera fournie par la Compagnie ainsi que les noirs (plus de majuscules) nécessaires avec les planches et autres ustancilles pour chaffaudages..." Le maître maçon avait désormais pignon sur rue. Personne n'écrivit que le moulin s'était envolé... mais aujourd'hui le moulin a disparu..."

Le couple sétablit à Saint Pierre avec leur filles, au quartier de la Rivière d'Abord où ils obtinrent une concession. Ils eurent dans leur nouvelle île d'adoption au moins 13 autres enfants, dont Dorothée née le 7 mai 1737 à Saint Pierre, qui allait épouser le 3 mai 1762 à Saint Pierre, le Lieutenant de Vaisseaux François Savy. Avant son mariage, Dorothée eut un enfant naturel, Marie Jeanne Périnne, qui sera légitimée par Jean Baptiste De Laporte.

Anne Marie Benoît mourut le 13 mars 1758 à Saint Paul, Jacques Eteve dit "La Violette" avait délaissé la truelle et était devenu "planteur". En 1758, il est dit "Officier de Bourgeoisie". Le jeune maçon "brouillon et séditieux" avait réussi. Il décèdera le 27 juin 1765, à Saint Pierre.


Sources:

- Madame Hélène Thazard, Présidente du Cercle Généalogique de Bourbon.

- " Les défricheurs de l'Isle de France " Octave Béchet

- Marcelle Lagesse " La Gazette des Iles " N° 17 Décembre 1987

- Bulletin du Cercle Généalogique de Bourbon Page 314.